« Je voulais juste la cueillir, et contempler cette fleur. »

Heilheim est le rappeur qui vient de sortir l’album Philomela. Il habite à Bourgvilain, il a accepté de nous rencontrer et nous avons pu lui poser quelques questions.

La P’tiote Breuve : Comment a commencé cette aventure?

J’ai commencé à écrire il y a plus de dix ans. C’étaient mes premiers pas vers la création. J’écrivais des textes d’expression libre, un peu de rap. J’aimais bien Abd Al Malik.

Puis j’ai commencé à écrire plus de rap avec un bon ami à moi. La partie instrumentale est venue dans un second temps.

J’ai beaucoup beaucoup écrit. C’était une période de ma vie où j’ai emménagé dans l’Ain et j’ai pu participer à des Open Mic1 à la SMAC (Scène des Musiques ACtuelles) de la Tannerie à Bourg-en-Bresse. J’y ai rencontré pas mal de rappeurs, et j’ai surtout rencontré Keizan, l’animateur de l’atelier.

Sont venus les essais d’enregistrement, puis une douzaine d’enregistrements sur face B. La face B, c’est quand tu ne possèdes pas les droits sur la partie instrumentale, ce qui t’interdit de faire un usage commercial de ton enregistrement. Lorsque tu possèdes les droits sur l’instrumental, on parle de face A. J’ai travaillé, travaillé, et progressé ; j’avais maintenant envie de faire des faces A.

Pour l’album PHILOMELA, je faisais des résidences à Bourgvilain de 3 ou 4 jours. La production était assurée par Keizan. J’écrivais la journée et j’allais enregistrer chez lui ensuite.

« À ce moment là, je me rends compte de ce que je ressentais vraiment, de ce que je voulais réellement dire quand j’ai fait ce morceau. »

LPB : Pourquoi PHILOMELA?

C’est un clin d’œil à un oiseau particulier, le Rossignol Philomèle. Il y a d’ailleurs un rossignol dessiné sur la pochette de l’album.

Couverture de l’album PHILOMELA (source : profil Facebook d’Helheim)

Ce rossignol est le seul oiseau qui chante le jour et la nuit. Ça me représente bien. Sans être non plus hyperactif, je passe bien 15 à 20h par semaine à faire de la musique.

Cet album est une première expérience pour moi, un coup d’essai. Il y a des titres dont je ne suis pas pleinement satisfait. Il y en a même un que je n’aime pas spécialement, mais que j’ai quand même publié au cas où ça plairait.

L’album est passé sur une radio argentine récemment, je me dis que j’ai bien fait.

LPB : D’où vient ton nom d’artiste?

Dans la mythologie viking, il y a le VALHALLA, c’est l’équivalent du paradis, et puis il y a le HELHEIM, l’enfer viking. C’est l’endroit où vont les déshonorés. Pour moi, le rap c’est un peu la parole des laissé-pour-compte, des « non valeureux » en quelque sorte. Ça collait bien avec ce que je voulais donner. Les Vikings avaient un très fort rapport à la Nature et j’aime beaucoup ça.

LPB : Qu’est-il prévu pour la suite?

Depuis plus d’un an, je fais de l’instrumental (beat making2). J’ai un projet purement instrumental LoFi3 Chill4 en cours. Ce second projet sera 100% auto-produit. Je publierai des informations sur mon profil Facebook (https://www.facebook.com/Helheimartistic).

LPB : Faire de la musique consiste en quoi exactement?

Il y a la partie que tout le monde connaît : écrire un texte, filmer un clip, faire une instru. Ce qui reste peu connu, c’est la partie post-traitement. Le mix (équilibrage, nettoyage du son) et le mastering prennent un temps très important. La création musique est très longue ; par exemple, pour 1 morceau il faut 3 à 6h de mix.

C’est Keizan (https://www.facebook.com/keizanprod) qui s’est occupé de toute la partie mix pour l’album PHILOMELA. Tony a fait le mastering (https://www.instagram.com/studiopolycarpe/). Le clip a été réalisé par Monkey Wink Productions (https://www.facebook.com/MonkeyWinkProductions), et la pochette, par Nolidraw (https://www.instagram.com/nolidraw/).

Ce que je trouve assez magique dans la création musicale, c’est le sentiment que j’ai une fois que le morceau est sorti. À ce moment là, je me rends compte de ce que je ressentais vraiment, de ce que je voulais réellement dire quand j’ai fait ce morceau. Ça apparaît très clairement alors que c’était confus dans mon esprit jusque là. C’est un peu comme si c’était exorcisé. La sensation est très étrange.

LPB : Merci!

Open Mic1 : Cette contraction du terme « Open Microphone » autrement dit « Micro ouvert à tous », vous offre la possibilité de monter sur scène et de chanter la chanson de votre choix parmi celles proposées, devant un public en folie ! (source : https://magazine.lecranpop.com/)

Beat Making ou Beatmaking2 : Le Beat making est la création de pistes musicales et rythmiques appelées Beats, très présent dans le Hip Hop et le Rap actuel. (source : https://www.sonovente.com/)

LoFi3 : C’est la contraction de « Low Fidelity ». Par définition, le Lofi hip hop n’est pas de bonne facture techniquement parlant. C’est tout l’intérêt du genre : des grésillements de vinyls, des petits défauts organiques, des voix lointaines, presque inaudibles. (source : https://spinnup.com/)

Musique Chill ou Chill-Out4 : C’est un genre musical contemporain qui se caractérise par la transmission d’ambiances relaxantes. (source : https://www.freemusicprojects.com/)

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